(Elle ouvre les portes.)
LA PUCELLE.--C'est maintenant, ô Rouen, que je renverserai tes remparts jusque dans leurs fondements!
(Ils entrent dans la ville.)
(Entrent Charles, le Bâtard d'Orléans, Alençon et des troupes.)
CHARLES.--Que saint Denis favorise cet heureux stratagème! et nous dormirons encore une fois en sûreté dans Rouen.
LE BATARD.--Voici par où sont entrées la Pucelle et sa troupe. A présent qu'elle est dans la ville, comment nous indiquera-t-elle le passage le plus facile et le plus sûr?
ALENÇON.--En plaçant, à cette tour, une torche allumée: à l'endroit où nous la verrons paraître, ce signal nous annoncera qu'il n'est point de passage plus facile que celui par où la Pucelle s'est introduite.
(La Pucelle paraît sur le haut d'une tour, tenant une torche allumée.)
LA PUCELLE.--Regardez; voici l'heureux flambeau d'union qui va réunir Rouen à ses compatriotes: mais il brille d'un éclat fatal aux gens de Talbot.
LE BATARD.--Voyez, noble Charles, le phare de notre amie. La torche enflammée est plantée là-bas sur cette petite tour.