YORK.--Celui-ci est de ma maison: écoutez-le, noble prince.

SOMERSET.--Et l'autre est de la mienne: aimable Henri, soyez-lui favorable.

LE ROI.--Patience, lords, laissez-les parler.--Expliquez-vous, gentilshommes: quelle est la raison de cette démarche? Pourquoi demandez-vous le combat, et avec qui?

VERNON.--Avec lui, mon prince; il m'a outragé.

BASSET.--Et moi avec lui; c'est lui qui m'a outragé.

LE ROI.--Quel est cet outrage dont vous vous plaignez tous deux? faites-le-moi connaître; et ensuite je vous répondrai.

BASSET.--En traversant la mer d'Angleterre en France, cet homme, d'une langue insultante et railleuse, m'a reproché la rose que je porte; disant que la couleur de sang de ses feuilles représente la rougeur des joues de mon maître, dans une dispute où il repoussait opiniâtrement la vérité, sur une question de loi élevée entre le duc d'York et lui; et il y a ajouté d'autres paroles pleines de mépris et d'ignominie. C'est pour réfuter son odieux reproche et pour défendre l'honneur de mon seigneur que je réclame le privilége de la loi des armes.

VERNON.--Et c'est aussi là ma demande, noble seigneur; car bien qu'il affecte de colorer adroitement d'un vernis trompeur son audace et ses torts, apprenez que c'est lui qui m'a provoqué, et qui, le premier, a lancé ses observations malignes sur la rose que je porte, en disant que la pâleur de cette fleur décelait la faiblesse du coeur de mon maître.

YORK.--Eh quoi, Somerset, ne renonceras-tu jamais à cette maligne animosité?

SOMERSET.--Et c'est vous, milord d'York, dont la secrète envie éclate à tout moment, malgré vos adroites précautions pour la dissimuler.