YORK.--N'en parlons plus, milords.--Avec la permission de Votre Majesté, voici le jour désigné pour le combat. Déjà l'appelant et le défendant, l'armurier et son apprenti, sont prêts à entrer dans la lice; que Vos Majestés veuillent donc bien venir assister à cette lutte.

MARGUERITE.--Oui, certainement, mon cher lord, car j'ai quitté la cour exprès pour être témoin de cette épreuve.

LE ROI.--Au nom de Dieu, ayez soin que toutes choses soient bien ordonnées selon les règles; qu'ils décident ici leur différend, et Dieu garde le droit!

YORK.--Je n'ai jamais vu, milord, un drôle de plus mauvaise mine, ni plus effrayé de combattre que l'appelant, le valet de cet armurier.

(Entrent d'un côté Horner et ses voisins qui boivent à sa santé, et de telle sorte qu'il est ivre. Il s'avance, précédé d'un tambour, avec son bâton auquel est attaché un sac plein de sable [12]; de l'autre côté Pierre, aussi avec un tambour et un bâton pareil, accompagné d'apprentis qui boivent à sa santé.)

Note 12:[ (retour) ] Dans ces sortes d'épreuves, les chevaliers combattaient avec la lance et l'épée, les gens du commun avec un bâton noirci au bout duquel était attaché un sac rempli de sable très-pressé.

PREMIER VOISIN, à Horner.--Allons, voisin Horner, je bois à votre santé un verre de vin d'Espagne: n'ayez pas peur, voisin, vous irez bien.

SECOND VOISIN.--Et voilà, voisin, un verre de malvoisie.

TROISIÈME VOISIN.--Et voilà un pot de bonne double bière; voisin, buvez, et n'ayez pas peur de votre apprenti.

HORNER.--Tout comme on voudra, par ma foi; je vous fais raison à tous, et je me moque de Pierre.