PREMIER APPRENTI.--Allons, Pierre, je bois à toi; n'aie pas peur.

SECOND APPRENTI.--Allons, ami Pierre, ne crains pas ton maître; combats pour l'honneur des apprentis.

PIERRE.--Je vous remercie tous: buvez, et priez pour moi, je vous en prie; car je crois bien que j'ai bu mon dernier coup en ce monde.--Tiens, Robin, si je meurs, je te donne mon tablier.--Et toi, William, tu auras mon marteau.--Et toi, Tom, tiens, prends tout l'argent que j'ai. O Seigneur! assistez-moi, mon Dieu, je vous en prie, car je ne serai jamais en état de tenir tête à mon maître, lui qui apprend l'escrime depuis si longtemps.

SALISBURY.--Allons, cessez de boire et venez aux coups. Toi, quel est ton nom?

PIERRE.--Pierre, vraiment.

SALISBURY.--Pierre! Et encore?

PIERRE.--Tap [13].

SALISBURY.--Tap! Songe donc à bien taper ton maître.

HORNER.--Messieurs, je suis venu ici comme qui dirait à l'instigation de mon apprenti, pour prouver qu'il est un coquin et moi un honnête homme.--Et quant au duc d'York, je jurerai sur ma mort que jamais je ne lui ai voulu aucun mal, ni au roi, ni à la reine. En conséquence, Pierre, prends garde à ce coup que je t'assène avec la fureur dont Bevis de Southampton tomba sur Ascapart [14].

Note 13:[ (retour) ] Dans l'original, Thump, qui signifie coup pesant. Il a fallu y substituer un nom qui permît de conserver dans la traduction la plaisanterie de Salisbury.--Cet homme se nommait en réalité John Davy, et son maître William Calour. La chose se passa comme elle est représentée ici, à cela près que l'armurier ne fut pas tué dans le combat, mais seulement vaincu, et pendu ensuite; il ne s'était cependant pas déclaré coupable, et, selon Hollinshed, l'accusation était fausse.