UN CHEF DU PEUPLE.--Si nous voulons prospérer et faire le bien, forçons les portes des prisons, et délivrons les prisonniers.

CADE.--Ah! n'aie pas peur, tu peux y compter. Allons, marchons sur Londres.

(Ils sortent.)

SCÈNE IV

Londres.--Un appartement dans le palais.

Entre LE ROI HENRI lisant une requête. Il est suivi du duc de BUCKINGHAM et du lord SAY. Vient à quelque distance LA REINE MARGUERITE, pleurant sur la tête de Suffolk.

MARGUERITE.--J'ai souvent ouï dire que la douleur amollit l'âme, et la remplit de crainte, d'abattement. Pense donc à la vengeance et cesse de pleurer.--Mais qui peut cesser de pleurer en voyant cet objet? Sa tête peut bien reposer ici sur mon sein palpitant; mais où est le corps que je serrerais dans mes bras?

BUCKINGHAM.--Quelle réponse fait Votre Majesté à la requête des rebelles?

LE ROI.--Je vais députer quelque saint évêque pour tâcher de les ramener; car à Dieu ne plaise que tant de pauvres simples créatures périssent par l'épée! Et plutôt que de souffrir qu'elles soient exterminées par une guerre sanglante, je veux avoir moi-même une entrevue avec leur général Cade. Mais attendez, je veux lire encore une fois leur requête.

MARGUERITE.--Scélérats barbares! Ce visage enchanteur qui, comme une planète, dominait ma destinée, n'a-t-il donc pu vous obliger à la pitié, vous qui n'étiez pas dignes de le regarder?