DROMIO.—Me connaissez-vous, monsieur? Suis-je bien Dromio? Suis-je votre valet, suis-je bien moi?

ANTIPHOLUS.—Tu es Dromio, tu es mon valet; tu es toi-même.

DROMIO.—Je suis un âne, je suis le valet d'une femme, et avec tout cela, moi.

ANTIPHOLUS.—Comment, le valet d'une femme? Et comment, toi?

DROMIO.—Ma foi, monsieur, outre que je suis moi, j'appartiens encore à une femme; à une femme qui me revendique, à une femme qui me pourchasse, à une femme qui veut m'avoir.

ANTIPHOLUS.—Quels droits fait-elle valoir sur toi?

DROMIO.—Eh! monsieur, le droit que vous réclameriez sur votre cheval; elle prétend me posséder comme une bête de somme: non pas que, si j'étais une bête, elle voulût m'avoir: mais c'est elle qui, étant une créature fort bestiale, prétend avoir des droits sur moi.

ANTIPHOLUS.—Qui est-elle?

DROMIO.—Un corps fort respectable: oui, une femme dont un homme ne peut parler sans dire: sauf votre respect. Je n'ai qu'un assez maigre bonheur dans cette union, et cependant c'est un mariage merveilleusement gras.

ANTIPHOLUS.—Que veux-tu dire, un mariage merveilleusement gras?