GREMIO.--Adieu, bon voisin.--(A Tranio.) Maintenant je n'ai pas peur de vous: allons donc, jeune badin, votre père serait un fou de vous abandonner tout son bien, et d'aller, dans le déclin de ses vieux ans, se faire votre pensionnaire. Bah! quelles sornettes! un vieux renard italien ne sera pas si complaisant, mon enfant.

(Gremio sort.)

TRANIO.--Le diable emporte ta vieille peau de renard! Cependant je lui ai riposté avec une carte de dix.--Je me suis mis dans la tête de faire le bonheur de mon maître.--Je ne vois pas de raison pourquoi le supposé Lucentio ne pourrait pas s'engendrer un père qui serait un supposé Vincentio;--ce sera un prodige, car ordinairement ce sont les pères qui engendrent leurs enfants; mais dans cette intrigue d'amour, c'est un fils qui s'engendrera un père, si mon adresse me sert heureusement.

(Il sort.)

FIN DU DEUXIÈME ACTE.

ACTE TROISIÈME

SCÈNE I

Appartement de la maison de Baptista.

LUCENTIO, HORTENSIO, BIANCA.

LUCENTIO.--Monsieur le musicien, arrêtez; vous allez trop vite, monsieur: avez-vous sitôt oublié la manière dont sa soeur Catherine vous a accueilli?