HORTENSIO.--- Mais, pédant querelleur, c'est ici la déesse tutélaire de la céleste harmonie; ainsi, permettez-moi d'avoir la préférence; et lorsque nous aurons employé une heure à la musique, vous pourrez en consacrer une autre à me faire la leçon.
LUCENTIO.--Ane ridicule, qui n'as pas seulement assez lu pour connaître la cause qui a fait ordonner la musique! N'est-ce pas pour rafraîchir l'esprit de l'homme, fatigué de ses études ou des peines de la vie? Laisse-moi donc donner ma leçon de philosophie, et lorsque je m'arrêterai, sers alors ton harmonie.
HORTENSIO.--Drôle, je n'endurerai pas ces bravades de ta part.
BIANCA.--Allons, messieurs, vous me faites une double injure de vous quereller pour une chose qui doit dépendre de mon choix; je ne suis pas un écolier sujet à la correction; je ne suis pas enchaînée aux heures, ni à des temps marqués; je puis prendre mes leçons aux heures qu'il me plaît; et pour terminer tout débat, asseyez-vous ici tous les deux. Vous, prenez votre instrument, commencez à jouer: la leçon de monsieur sera finie, avant que vous vous soyez mis d'accord.
HORTENSIO, à Bianca.--Vous abandonnerez sa leçon quand mon instrument sera d'accord.
(Hortensio se retire.)
LUCENTIO.--C'est ce qui n'arrivera jamais.--Accordez toujours votre instrument.
BIANCA.--Où en sommes-nous restés la dernière fois?
LUCENTIO.--Ici, madame?
Hac ibat Simoïs; hic est Sigeïa tellus;