HUBERT.--Quoi, vous ne savez pas?.... Tous les seigneurs sont revenus, accompagnés du prince Henri, à la prière duquel le roi leur a pardonné; et ils sont tous autour de Sa Majesté.
LE BATARD.--Ciel tout-puissant, suspends ton courroux, et n'essaye pas de nous faire supporter plus que nous ne pouvons.--Je te dirai, Hubert, que cette nuit la moitié de mes troupes, en passant les sables, ont été surprises par la marée, et ces eaux de Lincoln [26] les ont dévorées. Moi-même, quoique bien monté, j'ai eu peine à me sauver.--Allons, marche devant; conduis-moi vers le roi. Je crains bien qu'il ne soit mort avant que j'arrive.
(Ils sortent.)
Note 26:[ (retour) ] Ce fut Jean lui-même qui, passant de Lyrin dans le Lincolnshire, perdit par une inondation, et non par la marée, ses trésors, ses chariots et ses bagages.
SCÈNE VII
Le verger de l'abbaye de Swinstead.
Entrent LE PRINCE HENRI, SALISBURY ET BIGOT.
HENRI.--Il est trop tard: toute la vie de son sang est atteinte de corruption; et son cerveau même, où quelques-uns placent la fragile demeure de l'âme, annonce par ses vaines rêveries la fin de la vie mortelle.
(Entre Pembroke.)
PEMBROKE.--Sa Majesté parle encore: elle est persuadée que si on la conduisait en plein air, cela calmerait l'ardeur du cruel poison qui la dévore.