THURIO.—On dit que l'Amour n'en a pas même un.

VALENTIN.—Pour voir des amants comme vous, Thurio. L'Amour ferme les yeux sur les objets désagréables.

(Arrive Protéo.)

SILVIE.—Finissons, finissons donc, voici le gentilhomme.

VALENTIN.—Sois le bienvenu, cher Protéo. Maîtresse, je vous en conjure, témoignez-lui qu'il est le bienvenu, par quelque faveur particulière.

SILVIE.—Son mérite est garant qu'il sera bien accueilli, si c'est celui dont vous avez tant de fois désiré des nouvelles.

VALENTIN.—Maîtresse, c'est lui-même. Noble dame, permettez-lui de servir avec moi Votre Seigneurie.

SILVIE.—Je suis une trop petite dame pour un si illustre serviteur.

PROTÉO.—Non, aimable dame; c'est moi qui suis un serviteur indigne du regard d'une aussi belle maîtresse.

VALENTIN.—Laissez vos excuses sur votre peu de mérite; dame aimable, daignez le prendre pour votre serviteur.