PROTÉO.—Je puis me vanter de mon zèle, rien de plus.
SILVIE.—Et jamais le zèle n'a manqué de trouver sa récompense. Serviteur, vous êtes le bienvenu auprès d'une maîtresse indigne de vous.
PROTÉO.—Je tuerais tout autre que vous qui oserait dire cela.
SILVIE.—Que vous êtes le bienvenu?
PROTÉO.—Non, que vous n'êtes pas digne de moi.
(Entre un domestique.)
LE DOMESTIQUE.—Madame, le duc votre père demande à vous parler.
SILVIE.—Je me rends à ses ordres.—(Le domestique sort.) Venez, seigneur Thurio, suivez-moi; encore une fois, mon nouveau serviteur, soyez le bienvenu. Je vous laisse ici vous entretenir de vos affaires domestiques; aussitôt que vous aurez fini, je m'attends à entendre parler de vous.
PROTÉO.—Nous irons tous les deux recevoir les ordres de Votre Seigneurie.
(Silvie, Thurio, Speed sortent.)