MERCUTIO.—Benvolio, viens nous séparer; mon esprit est rendu.
ROMÉO.—Donne du fouet et de l'éperon, du fouet et de l'éperon, ou je demande un autre coureur.
MERCUTIO.—Oh! ma foi, si tu cours la chasse de l'oie sauvage, j'ai fini, car tu tiens plus de l'oie sauvage dans un seul de tes sens, que moi, j'en suis sûr, dans tous les cinq.—Est-ce donc la course de l'oie que je faisais avec vous?
ROMÉO.—Je ne t'ai jamais vu avec moi nulle part que ce ne fût pour faire l'oie.
MERCUTIO.—Je vais te mordre l'oreille pour cette mauvaise plaisanterie.
ROMÉO.—Non, bonne oie, ne mords pas.
MERCUTIO.—C'est ton esprit qui a du mordant; il fait la sauce un peu âpre.
ROMÉO.—Il n'en vaut que mieux pour une oie douce.
MERCUTIO.—Oh! pour celui-là, il prête comme une peau de chevreuil, de la largeur d'un pouce à la longueur d'une demi-toise.
ROMÉO.—Ce qui veut dire qu'en long et en large tu n'es autre chose qu'une grosse oie.