LE BOUFFON.--Je ne mendie rien, madame, que votre consentement dans cette affaire.
LA COMTESSE.--Dans quelle affaire?
LE BOUFFON.--Dans l'affaire d'Isabeau et la mienne. Service n'est pas héritage; et je crois bien que je n'obtiendrai jamais la bénédiction de Dieu, avant d'avoir une postérité de mon sang; car on dit que les enfants sont une bénédiction.
LA COMTESSE.--Dis-moi ta raison: pourquoi veux-tu te marier?
LE BOUFFON.--Mon pauvre corps, madame, le demande: je suis poussé par la chair; et il faut qu'il aille celui que le diable pousse.
LA COMTESSE.--Sont-ce là toutes les raisons de monsieur?
LE BOUFFON.--Vraiment, madame, j'en ai encore d'autres, et de saintes; qu'elles soient ce qu'elles voudront.
LA COMTESSE.--Peut-on les savoir?
LE BOUFFON.--J'ai été, madame, une créature corrompue, comme vous et tous ceux qui sont de chair et de sang; et, en vérité, je me marie, afin de pouvoir me repentir [7]...
[Note 7: ][ (retour) ] Marie-toi en hâte et repens-toi à loisir, c'est un vieux proverbe.