LE ROI.--Adieu, jeune seigneur. Ne perdez jamais de vue ces principes d'un guerrier.--Adieu, vous aussi, seigneur. Partagez mes conseils entre vous. Si chacun de vous se les approprie tout entiers, le présent est de nature à s'étendre à proportion qu'il est reçu, et il suffira pour tous deux.
PREMIER SEIGNEUR.--C'est notre espérance, sire, qu'après nous être formés dans le métier de la guerre, nous reviendrons pour trouver Votre Majesté en bonne santé.
LE ROI.--Non, non; cela est impossible: et cependant mon coeur ne veut pas avouer qu'il souffre de la maladie qui mine mes jours. Adieu, jeunes guerriers. Soit que je vive, ou que je meure, montrez-vous les fils des vaillants Français. Que la haute Italie (cette nation dégénérée qui n'a hérité que des défaites de la dernière monarchie [11]) reconnaisse que vous ne venez pas seulement pour courtiser l'honneur, mais pour l'épouser. Quand les plus braves de vos rivaux reculeront, sachez trouver ce que vous cherchez pour vous faire proclamer hautement par la renommée.--Je vous dis adieu.
[Note 11: ][ (retour) ] L'empire romain.
SECOND SEIGNEUR.--Que la santé soit aux ordres de Votre Majesté!
LE ROI.--Et ces jeunes filles d'Italie... Prenez garde à elles. On dit que nos Français n'ont point de langue pour les refuser, lorsqu'elles demandent: prenez garde d'être captifs, avant d'être soldats.
LES DEUX SEIGNEURS.--Nos coeurs conserveront vos avis.
LE ROI.--Adieu. (A quelqu'un de ses gens.) Venez à moi.
(On le conduit sur un lit de repos.)
PREMIER SEIGNEUR, à Bertrand.--O mon cher seigneur, faut-il que nous vous laissions derrière nous!