SECOND OFFICIER.--Qu'on l'amène. (Les soldats sortent.) Le pauvre malheureux a passé toute la nuit dans les ceps.

BERTRAND.--Il n'y a pas de mal à cela: ses talons l'ont bien mérité, pour avoir usurpé si longtemps les éperons [32]. Comment se comporte-t-il?

[Note 32: ][ (retour) ] On sait que les éperons étaient un des signes distinctifs du chevalier.

PREMIER OFFICIER.--J'ai déjà eu l'honneur de dire à Votre Seigneurie que ce sont les ceps qui le portent: mais, pour vous répondre dans le sens que vous entendez, il pleure comme une fille qui a répandu son lait; il s'est confessé à Morgan, qu'il croit être un religieux, depuis la première lueur de sa mémoire jusqu'à l'instant fatal où il a été mis dans les ceps. Et que croyez-vous qu'il a confessé?

BERTRAND.--Rien qui me concerne, n'est-ce pas?

SECOND OFFICIER.--On a écrit sa confession, et on la lira devant lui. Si Votre Seigneurie s'y rencontre, comme je le crois, il faut que vous ayez la patience de l'entendre.

(Les soldats entrent conduisant Parolles les yeux bandés.)

BERTRAND.--Que la peste l'étouffé! Comme il est affublé!--Il ne peut rien dire de moi. Silence, silence!

PREMIER OFFICIER.--Voilà le colin-maillard qui vient. (Haut.) Porto tartarossa.

L'INTERPRÈTE, à Parolles.--Le général demande les instruments de torture. Que voulez-vous dire dans cela?