(Troïlus et Énée sortent.)

PANDARE.—Est-il possible? Pas plutôt gagnée qu'elle est perdue! Que le diable emporte Anténor! Le jeune prince en perdra la raison; la peste soit d'Anténor! Je voudrais qu'ils lui eussent cassé le cou.

CRESSIDA.—Eh bien, de quoi s'agit-il? Qui donc était ici?

PANDARE.—Ah! ah!

CRESSIDA.—Pourquoi soupirez-vous si profondément? Où est mon seigneur? De grâce, mon cher oncle, dites-moi ce que c'est.

PANDARE.—Je voudrais être enfoncé de toute ma hauteur sous la terre!

CRESSIDA.—O dieux! qu'y a-t-il donc?

PANDARE.—Je te prie, rentre. Plût aux dieux que tu ne fusses jamais née! Je savais bien que tu serais cause de sa mort! O pauvre prince! la peste soit d'Anténor!

CRESSIDA.—Mon cher oncle, je vous en conjure à genoux, je vous en conjure, qu'y a-t-il?...

PANDARE.—Il faut que tu partes, ma pauvre fille, il faut que tu partes; tu es échangée avec Anténor: il faut que tu retournes vers ton père, et que tu te sépares de Troïlus: ce sera sa mort, son poison; il ne pourra jamais le supporter.