— Lui ? répondit l’actrice au nez pointu, c’est un charmant causeur.

Tout en truffant de rosseries calembouriques une chronique parisienne pendant que ces dames jacassaient, je les entendais malgré moi et je ne pus m’empêcher de rire.

Moreno s’en aperçut et, l’étudiante russe à peine partie, me combla des plus réjouissantes précisions sur celui qu’elle surnommait familièrement « Tulle de Caca ».

— Mon vieux Willy, tu penses bien que, devant cette vierge des steppes impollués je ne pouvais entrer dans les détails.

— Je suis sûr qu’il y a de quoi faire rougir le papier de tournesol.

— Que tu dis ! Ecoute, chauve discret, pour qui je n’ai rien de caché : Mendès, toute la nuit, il me lit ses vers… et le matin, il me rate.

CHAPITRE VIII

Un pastiche de Rostand. — Jean Richepin vilipendé par Bouchor. — Mme Purnode, chanteuse aphone. — Camille Pelletan, acrobate occasionnel, rate son tour.

Une revue organise des concours de pastiches. Ça vaut mieux que d’aller au café. De tout temps, en France, on a prisé ce jeu. Albert Sorel, « sévère historien dans la tombe endormi » (les historiens finissent tous ainsi, quel que soit leur degré de sévérité), réussissait le Victor Hugo à merveille. Juliette Drouet — la « Juju » au grand « Toto » — s’y serait trompée.

Le « parfait plagiaire » Georges Armand Masson, successeur de Pellerin, l’admirable « copiste indiscret », fabrique des simili dignes des « A la manière de… », ces chefs-d’œuvre de mes amis Reboux et Muller. Richepin a été pastiché, avec infiniment d’adresse, par quelqu’un dont je ne révèlerai pas le nom, parce que je l’ai oublié.