O then, I see, queen Mab hath been with you.
«Son char est fait d’une coquille de noisette finement évidée; les longues pattes d’un faucheux ont fourni les rayons de ses roues; le manche de son fouet est un os de grillon, et son postillon un petit moucheron vêtu de gris.»
Eh bien, le paysan, le bûcheron ou le voyageur jouissait d’un spectacle non moins curieux.
Parmi nos Sylphes, les uns, suspendant un fil de la Vierge entre deux brins d’herbe, se livraient au plaisir de l’escarpolette ou se faisaient un hamac d’une toile d’araignée; les autres dansaient en tourbillonnant dans l’air avec un harmonieux bruissement d’ailes qui, pour eux, servait d’orchestre à ce bal aérien. Non loin de là, les petites dames sylphides, en bonnes ménagères, lavaient leur linge dans un rayon de la lune ou préparaient le repas commun.
C’était un léger mélange du miel extrait du nectaire des fleurs, quelques gouttes de lait recueillies sur les hautes herbes touchées en passant par les mamelles pendantes des génisses, quelques perles de cette précieuse rosée sécrétée par les plantes aromatiques, le tout servant d’assaisonnement à des œufs de papillon, et battu en neige.
Si, durant le repas, d’épaisses ténèbres enveloppaient tout à coup les convives, d’autres lutins, les Follets, aux ailes de feu, venaient prendre place à leur table hospitalière, payant leur écot par la clarté qu’ils répandaient autour d’eux.
La principale occupation de ceux-ci consistait à marcher devant le voyageur égaré, afin de le remettre dans sa route.
Tels étaient alors les esprits inoffensifs de l’air et du feu. Tout a bien changé de ce côté: depuis que des méchants ont fait courir le bruit qu’ils ne sont que le produit d’une combustion de gaz hydrogène ou de la présence du phosphore tenu en dissolution dans les terrains humides, les Feux-Follets, prenant les hommes en haine, ne se montrent plus aux voyageurs que pour les entraîner dans les ravines et les marécages.
Quant aux Sylphes (Alps ou Alfs), soit que de mauvais propos aient été de même tenus sur eux,