Plus délicates dans leur choix et dans leurs instincts, les Petites Dames blanches recherchent surtout les chevaux de race, les chevaux arabes ou turcs, ce qui a donné lieu de penser qu’elles étaient originaires de l’Orient.
Pénétrant dans les écuries des riches, tandis que dorment les palefreniers, elles allument une mince bougie, qu’elles portent toujours avec elles, et procèdent à leur besogne.
Au matin, quand le cocher vient faire sa ronde, s’il trouve une goutte de cire sur la robe de l’alezan ou de l’isabelle:
«Vous n’avez pas eu grand mal aujourd’hui, vous autres, après vos bêtes, dit-il aux palefreniers, la petite dame a passé par ici.»
Les Zotterais, eux, simplement d’origine germanique, sans regarder à la race, et sans bougie de cire, prennent soin des chevaux de labour et de messagerie. Plus grands travailleurs que les autres, plus exposés aux salissures et aux accidents, ils n’en viennent pas moins à leurs fins, mais non sans fatigue; aussi exigent-ils qu’à la crinière du cheval un nœud soit fait, où ils puissent se suspendre et se reposer. Pas un paysan n’y manque sur le Rhin comme sur la Meuse, et j’ai moi-même vérifié leur prévoyante attention à cet égard.