XIV
XIV
Les géants et les nains.—Duel d’Éphesim et de Grommelund.—Nains de cour et petits Nains.—Les fils d’Ymer.—Les moissonneurs invisibles.—Histoire du nain Kreiss et du géant Quadragant.—Comment les géants se mirent au service des nains.
Si la tradition légendaire n’est que la vibration lointaine de la cloche de l’histoire, où irons-nous chercher les traces de l’existence des géants? Est-ce dans l’Edda ou dans les livres saints eux-mêmes? Plus tard, les grands ossements fossiles des mammouths, des mastodontes et autres animaux antédiluviens ne firent qu’en ressusciter le souvenir. Le livre d’Énoch nous apprend que des anges, au nombre de deux cents, épris des filles de la terre, étaient descendus sur la montagne d’Hermon pour se rapprocher d’elles. Des principaux entre ces anges, il nous donne même les noms; c’étaient Urakabaramiel, Sanyaza, Tamiel, Akibiel. Pourquoi la crédulité des peuples n’aurait-elle pas admis que les diables, qui sont des anges déchus, aient agi de même à l’égard de la postérité d’Ève? Des amours entre les diables et les femmes sont nés les Killecroffs, comme nous venons de le voir; des hymens entre les femmes et les anges était sortie la race des géants. Les femmes devaient mettre en combustion le ciel, la terre et les enfers.