Le nain tourne d’abord autour de son adversaire comme pour prendre mesure; le bonhomme de géant, debout, immobile, le regarde faire, riant encore à se tenir les côtes; mais tandis qu’il se tient les côtes, le pygmée lui dénoue lestement les cordons de ses souliers, puis le harcèle en lui pinçant les mollets.


Grommelund chatouillé rit plus fort que jamais, fait quelques pas, s’embarrasse dans ses cordons, manque de trébucher, et, avec une présence d’esprit bien digne de ceux de sa race, s’arrête et se courbe pour les rattacher.

Éphesim a prévu la faute; il profite du moment, et, sur la joue du colosse applique un soufflet qui, quoique parti d’une petite main, résonne assez fort pour que le bruit en parvienne jusqu’aux oreilles du duc et des seigneurs de sa cour, lesquels applaudissent bruyamment à l’adresse d’Éphesim.

Humilié, bafoué, vaincu, le pauvre géant, dit-on, déserta la ville et se réfugia dans les montagnes où il mourut de sa honte.