«Écoute-moi bien, géant; tu peux racheter ta vie.»

Les larmes de Quadragant s’arrêtèrent. Dans cette vie qu’on lui offrait, il entrevit d’abord l’espérance d’un bon souper prochain, et si ses mâchoires n’avaient été paralysées par la charpenterie de Kreiss, sa large face se fût épanouie dans un sourire.

«Mais cette vie et cette liberté que nous te rendrons, poursuivit le nain, tu les consacreras au service de notre peuple décimé par toi, entends-tu? tu seras, comprends-le bien, moins encore notre protecteur que notre serviteur; tous les travaux que nous t’ordonnerons dans l’intérêt de notre sûreté comme dans celui de notre bien-être tu les accompliras sans réflexion; et tout d’abord tu relèveras ce chêne qui ombrageait et cachait les demeures des petits nains de ce canton; tu l’arroseras chaque jour jusqu’à ce qu’il ait repris sa force. Maintenant, par un signe de tes yeux, dis si tu acceptes mes conditions.»

Quadragant ouvrit et ferma vivement les yeux à dix reprises différentes.

Kreiss décrivit avec sa lanterne comme des signaux télégraphiques; ses frères, toujours au nombre de sept, comme lui vêtus de peaux de souris ou de mulots, portant comme lui une lanterne habitée par une luciole, grimpèrent à leur tour sur la face du géant, qui alors parut illuminée.