Mais je me suis réfugié ici pour échapper à des idées pénibles de sang et de meurtres; cherchons ailleurs nos distractions.
Plus bas, aux derniers replis du coteau, se montrent quelques cabanes ou plutôt quelques toitures aplaties, écrasées, à peine exhaussées de terre. Sont-ce là des maisons, des étables ou des caves?
Sur la rive gauche, Gaulois et Romains ont disparu derrière une brume du fleuve. Sur la rive droite, laboureurs ou bûcherons, les captifs, appuyés sur leur cognée ou sur leur charrue, semblent demander au soleil si la journée n’est pas bientôt finie.
Le vent fraîchit; le pâtre rassemble son troupeau et, toujours sombre, gagne le sentier de la colline qui s’abaisse vers le village.
Je le suis, sans savoir quelle force inconnue m’entraîne de ce côté.
Quelque druide magicien me tient-il si bien sous le charme que, sans oublier qui je suis, d’où je viens, ni quel siècle m’a vu naître, j’assiste ainsi, invisible pour tous, à ces scènes étranges, depuis longtemps effacées, et que, parmi les vivants, il n’aura été donné qu’à moi, à moi seul, de contempler de près? Essayons de mettre à profit cette bonne fortune si rare, même par le temps qui court.