C’est une noce.

Deux jeunes époux viennent de faire bénir leur mariage devant le chêne sacré. Vêtue de noir, une couronne de feuillage sombre sur la tête, la mariée marche au milieu des siens, courbée en deux comme sous le poids de pensées accablantes. Une matrone, placée à sa gauche, lui met sous les yeux une nappe blanche; c’est un linceul; le linceul dans lequel elle sera ensevelie un jour. A sa droite, un druide entonne un chant, au rhythme solennel, où sont longuement énumérés tous les tourments, toutes les angoisses qui l’attendent dans son ménage:

«Sur toi, jeune épouse, sur toi seule retombe dès ce jour le fardeau de la communauté;

«Tu veilleras au fourneau, à la provision de vivres et de bois, à la préparation de la lampe et des torches de résine;

«Tu laveras le linge à la fontaine et confectionneras les vêtements;

«Tu prendras soin de la vache, même du cheval, si ton maître l’exige;

«Toujours pleine de respect, tu le serviras, debout, à l’heure de ses repas;

«S’il lui plaît de prendre d’autres épouses, tu accueilleras tes nouvelles compagnes avec aménité;