«Si besoin est, tu prêteras même ton sein à leurs enfants, toujours par soumission à la volonté du karl (du maître);
«S’il s’emporte contre toi, s’il te frappe, tu adresseras tes prières à Ésus, le dieu unique, sans accuser ton mari toutefois, les torts ne pouvant être de son côté;
«S’il témoigne du désir de t’emmener à la guerre, tu l’y suivras, pour porter ses bagages, entretenir ses armes en bon état et veiller sur lui en cas de blessures ou de maladie; «Le bonheur est dans l’accomplissement du devoir: sois heureuse, ma fille.»
A l’audition de ce menaçant épithalame, assez semblable à celui que les ménétriers bretons du Croisic et du bourg de Batz adressent encore aujourd’hui aux nouvelles mariées, à la vue de ce linceul, de ces vêtements de deuil et de tout ce funèbre cortége nuptial, je me sentais profondément attristé, lorsque des rumeurs de bon présage, des cris, des acclamations de joie se firent entendre.
Un autre cortége coupait en sens inverse le carrefour. Dans celui-ci toutes les figures souriaient et s’épanouissaient....
C’était un enterrement.