Il en était ainsi chez nos pères; ils se réjouissaient devant la mort, qui affranchit l’homme de tous ses maux; ils n’avaient que des pleurs à lui donner quand il poursuivait son temps d’épreuves.


Cependant, au crépuscule du soir la nuit a succédé. De petites lumières, semblables à des feux follets, errent à travers les bois et les campagnes, en prenant des routes diverses. Ce sont les dévots qui, un flambeau ou une lanterne à la main, se rendent aux lieux consacrés par le culte public, ou par leurs croyances particulières.

Les uns, et c’est le plus grand nombre, se dirigent vers la forêt de chênes, où se tiennent les druides; les autres, masquant de leur mieux la lumière de leur lanterne, vont, deci delà, vers les taillis de sapins et de hêtres, ou vers le fleuve, ou vers la colline, naguère blonde, maintenant d’un brun foncé. Qu’y vont-ils faire? Adresser leurs hommages au Rhin, aux sources, à tous les cours d’eau, aux arbres, aux pierres druidiques ou aux têtes d’épée. Quelle religion a pu échapper au schisme!

Schismatiques ou non, les Celtes, germains ou gaulois, ont toujours professé une religion essentiellement nocturne; ils divisent l’année en mois lunaires, et ces mois, non par le nombre des jours mais par celui des nuits. Et ils ont été véhémentement soupçonnés d’adorer le soleil! Et j’ai failli partager cette erreur! Comme il est bon de tout voir par soi-même!