L’affaire était jugée, jugée scientifiquement et catégoriquement, sans appel. Les Celtes, nos ancêtres, étaient Indiens: nous descendons tous d’indiens émigrants, poussés sans doute par une puissante pression, soit politique soit religieuse, peut-être par de grandes famines périodiques, hors de cet immense et intarissable réservoir de peuples.
Au premier abord, la chose a pu nous étonner nous autres bourgeois, artistes, poëtes, romanciers ou dramaturges, assez généralement tous gens de petit savoir; mais les doctes ont prononcé; Bénarès et Quimper-Corentin ont fraternisé; les brahmes de Bénarès parlent le bas-breton, tout comme les Bas-Bretons de Quimper parlent le sanscrit. Nous avons une Bretagne indienne et une Inde bretonnante.
Aujourd’hui, grâce à la linguistique comparée, le rapprochement de deux syllabes de race différente constate l’alliance de deux peuples; l’hybridité vaut parenté.
Bienheureux sont les savants! A trois mille ans de distance ils peuvent converser avec les morts, et les morts n’ont pas de secrets pour eux. Un seul mot laissé par une nation disparue leur suffirait pour reconstruire l’histoire de cette nation.