Presque en même temps que les dieux prussiens arrivaient ceux des Scythes et ceux des Sarmates, les premiers en chariot, selon la manière de voyager de leurs peuples; comme leurs peuples encore, eux-mêmes courbaient le front devant le puissant Tabiti, la grande personnification de leur culte, le feu. Les Scythes avaient bien mal profité de la lecture qu’Ovide leur avait faite de ses Métamorphoses.
Les seconds, en petite escorte aussi, représentés seulement par leur triade supérieure, Péroun, leur Jupiter tonnant; Rujéwit, qui dirige les nuages; Sujatowist, qui juge les morts, n’avaient amené à leur suite que Trizbogh et les Tassanis, c’est-à-dire la peste et les furies. Leurs autres dieux, ne pouvant rien pour le succès de la guerre, étaient restés au logis.
Puis-je me dispenser de vous faire connaître les noms et les attributions de ces inoffensives divinités locales honorées par les farouches Sarmates? C’étaient:
Kirnis, qui fait mûrir les cerises;
Sardona, qui veille sur les noisetiers;
Austeïa, qui préside à l’éducation des abeilles;
La douce Kolna, qui s’occupe du mariage des fleurs.
Il y avait aussi les dieux ou les déesses du blé, du pétrin, de la lessive, le dieu des mouches et le dieu des papillons; convenons-en, pour le moment, tous ces dieux-là n’avaient rien à faire sur les bords du Rhin.
Mais Odin, mais Jupiter pouvaient compter comme auxiliaires plus sérieux, plus solides, ceux de la Finlande.
Les dieux ont toujours quelque chose des mœurs de leurs sectateurs, de leurs administrés; et quels peuples plus que les Finnois ou Finlandais firent jamais preuve d’un courage indomptable? Pirates de la Baltique comme les Scandinaves l’étaient de l’Océan, ils partageaient avec ceux-ci les dépouilles du monde boréal. Descendus des hauts plateaux de l’Asie avec leurs frères les Turcs, les Mongols, les Tartares, les Tongouses, ils avaient d’abord été connus sous le nom d’Ugoriens ou d’Ogres, et Dieu sait si les Ogres devaient laisser un long et terrible souvenir au fond de nos histoires populaires!