«O époux, frère de mes frères, patiente; elle vient de passer sa robe, mais elle n’a encore mis qu’une manche; veux-tu donc qu’elle se présente devant toi avant d’avoir mis l’autre?
«O époux, elle vient de tresser ses cheveux; une riche ceinture emprisonne sa taille, mais un seul de ses pieds est chaussé; il faut bien qu’elle chausse l’autre.
«Époux.... la voilà qui accourt.... mais elle n’a encore mis qu’un gant.... laisse-lui le temps de passer l’autre!»
La jeune mariée s’étant montrée enfin, la bonne hôtesse de Pohjola s’attendrit tout à coup sur elle.
«O épouse, ô vierge achetée, ô colombe vendue! ma sœur, mon poëme, ma verte tige, que de pleurs tu vas répandre!
«Ta famille a été bien prompte à se faire compter l’argent dans le creux d’un bouclier.
«Pauvre ignorante, tu as cru quitter le toit de ton père pour quelques heures, pour un jour peut-être! Hélas! tu t’es donnée à jamais; tu as un maître maintenant!»
Et se tournant de nouveau vers Ilmarinnen, elle continue ainsi:
«O époux, frère de mes frères, ne montre point à cette enfant, avec le fouet de l’esclave, le chemin où il lui faudra marcher;
«Ne la fais pas crier sous la verge ou sous le bâton; instruis-la doucement, à demi-voix, portes closes,