Qui n’ le voulaient pas;
Le quatrièm’ dit:
«Moi je n’ m’en mêl’ pas;»
Mais ça n’empêche pas
Qu’ils étaient quatre
Qui voulaient se battre;
Y en avait trois
Qui n’ le voulaient pas;
Le quatrième, etc., etc.
Je cite ce morceau de poésie pour faire comprendre ce que l’égrènement de cet interminable chapelet musical, monotone, monochrome, monocorde, monophone, toujours se renouvelant sans varier jamais, et qui pourrait se prolonger durant l’éternité, cause d’agacement et d’irritation à quiconque est doué de quelque sensibilité nerveuse. Junius, dès la quinzième reprise de It is a postilion, s’agitait sur place, s’éventait avec son mouchoir et n’en suait pas moins à grosses gouttes; Antoine, après avoir caressé longuement sa barbe, l’avait divisée en deux pointes aiguës; fermant les yeux, de ses deux mains crispées il se retenait à sa banquette, comme dans la crainte de faire un mauvais coup; moi, j’avais tenté de me distraire par le spectacle que nous offrait le rivage fuyant devant nous; mais je ne voyais plus clair, le sommeil me gagnait, et malgré moi, je répétais tout bas: