X
Nouvelles d’Heidelberg. — Je sors de la ville avec Mme de X.... — Visite au vieux cimetière. — Chambre des morts. — L’Ariane de Danecker. — Comme quoi la Vénus de Milo n’est pas une Vénus. — Départ de Francfort.
Tout s’était bien passé à Heidelberg; le Van Reben s’était adouci; redevenu un gentleman, il avait demandé de mes nouvelles, et sans rugir.
Brascassin, qui paraissait le connaître à fond, ne le regardait pas moins comme un homme dangereux, d’une nature perverse. Il terminait en me remerciant d’avoir servi de protecteur à sa belle amie. «Par cet acte chevaleresque, insignifiant en apparence, m’écrivait-il, vous venez d’assurer la réussite de l’événement le plus important de ma vie.»
Tout en relisant sa lettre, en la commentant, je traversais la place de la Parade pour regagner l’hôtel, lorsqu’une exclamation se fit entendre près de moi. C’était Jean, poursuivant le cours de ses étonnements successifs; Jean me regardait avec des yeux démesurés et stupéfaits.
«Mais c’est bien monsieur!... monsieur est donc sorti... Je viens de me présenter chez monsieur; monsieur n’y était pas.
— Alors, d’où vient ton étonnement de me trouver dehors?»
Jean baissa les yeux, et de son air le plus puritain:
«Je croyais monsieur chez madame,» me répondit-il.
Je haussai les épaules et montai dans ma chambre pour y procéder à ma toilette du matin.