En voici le titre:
Princes et princesses descendus à l’hôtel de l’Étoile d’or, depuis l’année 1818.
J’y trouvai, à la date du 5 juillet 1839, Son Altesse Impériale le prince Jérôme-Napoléon Bonaparte, ex-roi de Westphalie; — à la date du 29 novembre 1852, Sa Majesté la reine Marie-Amélie, comtesse de Neuilly; — Son Altesse Royale le prince de Joinville; — puis encore, en octobre 1852 et 1853, la reine Amélie, le prince et la princesse de Joinville, la princesse Marie-Amélie d’Orléans, les ducs de Penthièvre et d’Aumale, toute cette bonne et grande famille; — en octobre 1855, en juin 1856, 1857, de nouveau la reine Amélie, avec sa suite de Claremont.
Que de réflexions à faire devant ce registre d’auberge!
Au milieu de ces constellations de premier ordre s’y groupe une quantité d’étoiles de seconde et de troisième grandeur; les ducs de Hesse, de Nassau, de Brunswick; ceux de Saxe-Cobourg, de Mecklembourg, d’Oldenbourg, de Lauenbourg, de Schauenbourg, de Schwartzbourg, de Bernbourg; puis, après les ducs en bourg, les ducs en berg; c’est à n’en pas finir.
Mais parmi toutes ces Altesses, je n’y trouvai point M. Alexandre Dumas, une Altesse littéraire cependant!
Le registre m’expliquait la salle à manger. Dans celle-ci, au besoin, il doit se tenir un congrès de princes et principicules de la confédération allemande.
Tandis que dans un petit salon du rez-de-chaussée, je recueillais ces notes précieuses, j’aperçus du coin de l’œil, sur la place du Marché, mon excellent Antoine Minorel se promenant, par un soleil légèrement voilé, avec mon vieux Jean. Jean s’appuyait sans façon sur le bras d’Antoine. Tous deux, comme de bons amis, cheminaient doucement, à la volonté, à la commodité du malade. Jean ayant laissé tomber son mouchoir, je vis Antoine s’empresser de le ramasser. Les larmes m’en vinrent aux yeux. O le meilleur des ours!
Quand j’allai les rejoindre, Jean me rendit un très-bon compte de son compagnon:
«Il a été aux petits soins, me dit-il, et complaisant pour moi, ni plus ni moins que s’il était mon maître.»