Deux minutes après, un homme tout de noir habillé, portant à la main un masque grillagé de laiton, semblable à ceux dont on fait usage dans les salles d’escrime, en affubla le nez rouge, qui se laissa faire avec une sorte de componction. Tous gardaient un silence empesé, sous le sérieux duquel cependant le froncement des sourcils de quelques-uns, les contractions zygomatiques de quelques autres, trahissaient un rire contenu à grand’peine.
L’homme noir alors frappa trois coups sur un timbre placé au fond du péristyle. De l’intérieur, une voix forte et retentissante cria:
«Qui ose frapper à cette porte?
—Un oiseau de nuit, répondit l’homme noir, qui semblait jouer là le rôle d’introducteur.
—Que peut-il y avoir de commun entre la buse et l’aigle, entre le vermisseau et l’escarboucle, entre le nouveau venu, encore enveloppé de sa gangue profane, et le Vieux de la Montagne, tout resplendissant de vie et de lumière? reprit la grosse voix.
—Maître, c’est de cette lumière sacrée que voudrait s’abreuver le néophyte.»
Après cet échange de demandes et de réponses, qui parodiaient évidemment le catéchisme maçonnique, deux initiés saisirent le nez rouge par les épaules, et la bande, au milieu d’un jet de lycopode enflammé, s’engouffra dans la crypte, autrement dit dans la cave.
«Quelle est cette comédie? demandai-je à Athanase.
—Le masque de fer, me dit-il, est ici un ornement obligé; on va nous en revêtir tous. Sans ce préservatif, en passant entre les rangs de bouteilles de première année, nous pourrions bien recevoir quelques éclats à la figure.
—Et connaissez-vous le soi-disant néophyte?