— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
— C’est cet ivrogne de Grandsec qui a vendu la mèche !
— Vous auriez bien dû savoir si cet homme était sûr, avant de m’engager avec lui, grinça Mariol, cela peut nous faire un tort considérable…
— Mais c’est surtout moi que cela atteint ! sursauta Fernand outré.
— Pardon, rectifia Mariol. Moi, j’ai démoli deux excellentes vedettes de la maison… Petrus et Chérie Chéron… pour que rien ne vous gêne… et vous devez, cher ami, comprendre dans quel embarras vous me mettez si vous vous démolissez vous-même… Petrus était encore excellent !!! et pouvait encore aller des années !
— Enfin nous verrons comment cela va tourner, dit Mariol sortant sec, cassant et raide.
Il conclut :
— Ça va bientôt être à vous. Tenez vous bien.
Se bien tenir ! Fernand ne songeait qu’à cela. Déjà, il lui avait fallu composer son attitude pour ses camarades, qui l’un après l’autre, étaient venus lui serrer la main avec des grimaces condoléantes sous lesquelles se percevait parfaitement l’envie de rire. Une grande vedette qui se ramasse, c’est toujours drôle.
L’avertisseur l’appelait en scène. Il entra, salua et commença à chanter. Comme il finissait sa première romance, les applaudissements crépitèrent.