— Oui, l’auteur-chanteur ! c’est bien usé. Et qui est-ce qui vous fabrique vos machines, cette fois-ci ?

Ils n’y mettaient point la moindre méchanceté, les frères Yselo ; ils parlaient, d’après une conviction faite, inébranlable. Fernand se cabra :

— Mais messieurs, cette fois-ci, comme vous dites, c’est bien moi qui serai le véritable et unique auteur de ce que je présenterai sous mon nom !

— C’est entendu, concéda Yselo l’aîné ; c’est entendu ! D’ailleurs nous n’avons pas à entrer dans ce détail. Mais êtes-vous bien sûr que, désormais, il n’y aura plus d’indiscrétion commise ?

— Mais par qui voulez-vous ?… puisque je vous répète…

— Bon ! bon ! enfin, c’est votre affaire ! l’interrompit Yselo cadet, de l’air de quelqu’un qui préfère ne pas laisser un interlocuteur s’empêtrer dans une imposture.

Fernand les quitta furieux.

C’est qu’elles n’étaient pas loin d’être tout à fait charmantes, ces œuvrettes dont il était vraiment le père, et qu’il allait, ce coup-ci, en toute authenticité, jeter au jugement de la foule. D’où sa rage contre les sceptiques.

Il s’était, l’ancien ouvrier socialiste, rédacteur de manifestes de grève, retrouvé un bout de plume élégant, et telle de ses inspirations intitulée : Feu de paille, et qui commençait par ces vers :

Ton amour est feu de paille,