Fernand comptait avec effroi qu’on le mettrait en demeure de donner pour le moins 200 francs de places chaque soir ! Les demandes arrivaient sans cesse d’un tas de rédactions de journaux qu’il avait ignorés jusqu’ici. Des feuilles, qu’on reçoit comme prospectus, demandaient un service de première, etc., etc… « Bref, disait Fernand, deux cents francs par jour font six mille balles par mois, soit soixante mille francs pendant les dix mois qu’on joue !… »

C’était fou, inadmissible, monstrueux ! il se renseignerait et verrait si tous ses confrères étaient aussi dupés que lui…

Hélas ! c’était partout le même abus, et il apprit des histoires d’argent sur Pierre et sur Paul, rédacteurs ici et là-bas, qui lui ouvrirent les yeux…

Mais alors, quoi ?… Eh bien ! mon Dieu, il fallait se laisser faire comme les autres ! Zut, c’était tout de même une sale histoire.

Le premier mois, tout alla bien. Encore que le spectacle ne fût pas extraordinaire, ni les artistes stupéfiants, la soirée qu’on passait au Nouveau Concert valait celles qu’on passait ailleurs. Sans emplir des salles, comme autrefois, le nom de Fernand avait encore une certaine influence sur la recette. Puis les habitants du quartier tenaient à se rendre compte de la nouvelle attraction qu’on leur apportait. Tous frais payés, ces premiers trente jours se soldèrent par un bénéfice.

La saison se poursuivit avec des fortunes diverses. On eut des demi-fours et des demi-succès. Rien de décisif. Toutefois, le second semestre du loyer fut perçu recta par le propriétaire. En somme, à la clôture, le résultat était nul. On avait vécu.

Mésange, Fernand et le petit Robert passèrent les vacances à la mer comme de bons bourgeois.

XXVI

La seconde saison allait ouvrir.

Or, un matin qu’il arrivait à son bureau, on lui remit une carte :