Pourtant ses lectures ne meublaient pas suffisamment sa vie : Madame Rouchoux s’intéressait, infiniment plus que le ministre de l’Agriculture, au sport hippique.

On ne vend pas impunément le Jockey et le Paris-Sport sans être, un vilain jour, touché par la grâce. Un gros rapport du pari-mutuel et les yeux se dessillent. Avoir raté pareille aubaine, c’est trop sot, on sera plus malin à l’avenir.

La très respectable madame veuve Rouchoux jouait aux courses.

Elle y perdait avec une assez grande régularité, d’ailleurs, ce qui ne la stupéfiait pas. Nous avons affirmé, au surplus, que la dame Rouchoux était éditeur de musique. Elle l’était. Quel bénéfice aurions-nous à mentir ? Et puis ça n’est pas dans notre caractère.

Donc, elle éditait.

Quoi ?

Elle n’en savait trop rien. Un jour, un homme, jeune encore et musicien par surcroît, était entré en coup de vent dans son humble boutique et lui avait tenu ce langage :

— Madame, je viens de composer un chef-d’œuvre, un vrai.

— Ah !

Ce fut tout.