— Oui, mon vieux, tu parles comme un livre doré sur tranche, seulement au moment de mon admission possible, les premières chansons qui constituent mon fond, auront cessé de plaire, elles ne rapporteront plus un rond de droits, et ça sera un joli cadeau à faire à un enfant que le montant des sommes réparties !

— Qu’est-ce que tu me racontes là ? s’exclama le naïf Lourbillon, mais l’argent encaissé par la société t’appartient ! on t’en doit compte !

— Tu crois ? Pauvre ! La Croûte de pain ne doit et ne donne de raisons à personne.

— Je comprends très bien que, ne t’ayant pas encore admis parmi eux, ils se refusent à toucher pour toi ta part, mais ayant perçu, qu’ils conservent le tout, voilà qui est raide, par exemple !…

— Oui, mais… qu’est-ce que tu veux y faire ?

— Moi, rien, bien sûr. Pourtant il me semble que si tous les intéressés s’avisaient de protester, ils auraient tout de même gain de cause.

— Cela est certain. Seulement les auteurs débutants, les éditeurs peu fortunés se détestent entre eux, se jalousent à s’assassiner, ce qui fait que l’ingénieux Louchard, l’agent général, en prend à son aise et ne paye que contraint.

— Et l’on tolère cela en haut lieu ?

— En haut lieu, comme tu dis, on s’en contre-fiche.

— Pourtant il s’agit de millions, dérobés à des pauvres diables ; ça vaudrait la peine !