Tous trois se levaient, l’heure du repas sonnait au Nègre.

Les miseloqueux s’étaient peu à peu clairsemés, le boulevard redevenait praticable devant la Chartreuse.

Blanche Mésange, le bout d’une bottine sur le marche-pied de sa voiture, s’attardait à serrer la main de Fernand… Ah ! le devoir avant tout ! mais le devoir a des tristesses, il fallait se quitter.

Et Lourbillon poursuivit :

— Demain, rendez-vous ici, à trois heures de relevée. Tu ne chantes pas le même genre que moi. Il s’ensuit que l’intérêt personnel n’entrave en rien mon admiration pour toi, et que je veux être ton parrain dans la noble carrière des arts !

— Quel bavard ! soupira Blanche. Mais elle ne se plaignait pas trop, car, durant tout ce discours, elle tenait la main de Fernand dans la sienne. Une petite femme si raisonnable ! Fiez-vous donc aux antécédents !

— Je te mènerai — poursuivait Lourbillon — chez un agent lyrique de ma connaissance, Premierdi, faubourg Saint-Martin, à qui tu en boucheras un coin en lui donnant une audition et qui te fera subito, j’en mettrais mes dix doigts au feu, engager dans un endroit chic !

Blanche s’était enfin résignée à monter dans sa victoria caoutchoutée. Le cocher rendit la main à sa bête. Drelindrelin, fit le grelot.

— Tâche que ce soit aux Ambassadeurs ! insista Fernand, prenant congé.

— Oui ! tâche ! cria, de loin déjà, Blanche Mésange emportée — drelin, drelin — au trot de sa belle situation.