— Oui, monsieur Mariol ! répondit le régisseur en s’inclinant.
— A une autre ! et activons, monsieur Beuriet ! commanda Mariol avec impatience.
— Mademoiselle Chérie Chéron, c’est à vous, pour le rondeau de la Réclame !
— Je viens !
Et une très jolie femme, admirablement mise, bracelets aux poignets, brillants aux oreilles, bagues aux doigts, se leva dans la salle et gagna la scène. Chérie Chéron était une des étoiles du lieu. Les journaux retentissaient de sa gloire et on ne lui confiait que des rôles importants. Ses meilleures amies prétendaient bien qu’elle payait ses directeurs pour ses rôles et quelques journalistes pour sa gloire, mais le monde est si méchant ! Et puis comme si c’était facile ! Et la preuve qu’elle ne payait pas les journalistes pour dire du bien d’elle, c’est qu’ils en disaient souvent du mal.
Chérie Chéron terminait son rondeau au milieu d’un murmure flatteur, — car elle avait la main large avec ses camarades et n’est-ce pas, un service est toujours bon à demander — quand un monsieur coiffé d’un haut de forme incliné sur l’oreille, qui se promenait de long en large sur le plateau derrière les artistes, s’arrêta brusquement et demanda :
— Pardon, Chéron ; mais j’ai écrit :
Je vends, je vante et j’invente,
Menteuse savante !
Or, vous prononcez, et depuis hier seulement, je l’ai remarqué :