La femme d'un pauvre jardinier nourrissait deux enfants jumeaux et se désolait de ne pouvoir plus aider à son mari dans ses travaux de jardinage; car leur famille était nombreuse et ils avaient bien de la peine à la nourrir. La petite Manette, sa fille aînée, qui n'avait que dix ans, lui dit un jour:

«Maman, allez donc travailler avec mon père; laissez-moi les petits; j'en aurai grand soin, et je vous les porterai quand ils auront faim.»

En effet, Manette ne quitta plus ses petits frères; elle les berçait pour les endormir, ou bien elle les promenait l'un après l'autre, enfin, elle leur faisait boire du lait sucré pour ne pas déranger sa mère trop souvent. La pauvre femme, en voyant ses jumeaux si bien soignés, dit à sa fille:

«Manette, mon enfant le bon Dieu te bénira, parce que tu es une bonne petite maman pour tes petits frères.»

LE SECOURS MUTUEL.

En sortant de classe, un grand écolier brutal donna à un écolier petit et faible, nommé Jeannot, un vigoureux coup de poing dans le dos, et l'envoya tomber à quelques pas. Un autre écolier tout aussi fort que le premier battit l'agresseur à son tour, tant il était révolté de sa brutalité. Il s'en alla relever Jeannot, qui étanchait le sang coulant d'une blessure qu'il s'était faite au front en tombant, et il le reconduisit chez son père.

Jeannot conçut une grande amitié pour son camarade Louiset qui avait pris sa défense. Louiset ne savait jamais bien ses leçons, et il était souvent puni. Jeannot, doué d'une heureuse mémoire, et qui apprenait promptement tout ce qu'il voulait, imagina de faire réciter tout haut, phrase par phrase, les leçons à Louiset, jusqu'à ce qu'il les sût; et il ne se lassa jamais de rendre ce service à son camarade.

Les deux enfants se promirent une amitié éternelle.

Louiset, n'étant plus puni, prit goût à l'étude, et ne tarda pas à devenir un bon écolier comme son camarade Jeannot.

LE PETIT MALADE.