LA DÉSOBÉISSANCE.

Trois petits enfants déjeunaient ensemble sur la terrasse d'une belle maison de campagne; au bas de cette terrasse coule une rivière qu'on appelle la Loue. Elle est très-large en cet endroit, et fait tourner les roues d'une forge qui étire le fer en fils fins comme du coton à broder. De l'autre côté de la Loue, et en face de la maison, il y a une belle montagne à moitié couverte de vignes, et dont le haut est plein de rochers gros comme des églises.

La maison des petits enfants était dans l'ombre et le soleil éclairait la montagne.

Hélène, l'aînée des trois, et qui avait sept ans, se trouvait sur le haut du perron de la maison; elle dit à sa petite soeur Suzanne:

«Mon Dieu! que cette montagne est belle, et que je voudrais bien la voir de près!

—Allons-y, ma soeur, dit résolûment le petit Raymond, âgé de six ans: je te conduirai bien, moi!

HÉLÈNE.

Et Suzanne? elle a de trop petites jambes pour nous suivre.

SUZANNE, très-fâchée.

Mademoiselle, je cours aussi bien que vous; je cours mieux que vous, même!