—Ma petite tante, vous ne direz pas à mon père ce qui vient d'arriver, n'est-ce pas? tante Monique! vous ne voudriez pas lui faire du chagrin, ni à moi non plus!»
Il embrassa sa tante et lui fit mille caresses.
La pauvre fille, qui était très-émue, se laissa attendrir et promit de se taire.
Une autre fois, longtemps après, un mercier dont le jardin n'était séparé de celui de M. Longuet que par une palissade, vint lui raconter qu'on lui avait pris presque toutes les pêches de son espalier.
«J'en suis d'autant plus contrarié, ajouta cet homme, que j'ai pris beaucoup de peine pour les préserver de la gelée cet hiver; je suis peut-être le seul en ville qui en ait d'aussi belles, et je comptais les offrir à notre maire, qui m'a rendu un grand service. Heureusement il m'en reste encore quelques-unes.»
Jules, qui était présent, sourit malignement et quitta la boutique, ce qui n'échappa point à tante Monique.
Le soir même, le pauvre mercier revint tout désolé raconter à son voisin qu'on lui avait enlevé le reste de ses pêches, même celles qui n'étaient pas encore mûres.
Tante Monique monta, sans rien dire, dans la mansarde où couchait son neveu, découvrit le lit et y trouva les pêches. Elle appela Mme Longuet, et les lui montrant:
«Que t'avais-je dit, ma soeur!
—Monique, tu attaches trop d'importance à des espiègleries de gamin!