[47]. Quando don Carlos accingeasi alla spedizione di Napoli, l’ottagenario Villars gli dava consigli, fra cui i seguenti: Je supplie V. A. R. de faire une réflexion bien importante, que, quelque zélés que soient les Napolitains, quelque désir ardent qu’ils aient de rentrer sous la domination de l’Espagne, la raison ne veut pas qu’ils hazardent leurs têtes et leurs fortunes, s’ils ne sont comme assurés qu’ils se donnent pour toujours, et ils ne peuvent l’espérer que lorsqu’ils peuvent compter que l’entrée de l’Italie est fermée aux armées de l’empereur. Les mêmes Napolitains, quelque bien intentionnés qu’ils soient, ne se rappelleront que trop l’année 1706; tous le Milanais, le Mantouan étaient aux deux couronnes, leurs armées tenaient l’Adige e le pied des Alpes. L’empereur ordonna au prince Eugène de secourir Turin. Le prince Eugène m’a raconté lui-même à Rastadt, qu’il représenta à l’empereur l’impossibilité de secourir Turin. L’empereur lui ordonna de faire périr jusqu’au dernier homme de son armée, plutôt de ne pas tenter le secours.

Je ne rappelle pas les fautes des généraux qui pouvaient l’empêcher. J’espère que Dieu n’abandonnera pas celui dont le roi veut bien se servir, au point d’en faire de pareilles.

Mais enfin, ce général n’a pas Mantoue; il faut garder le Pô. L’armée d’Espagne ou une partie y est nécessaire, et j’ai déjà pris la liberté d’écrire à leurs Majestés Catholiques, qu’elles doivent envoyer en Italie tout ce qu’elles auraient de troupes inutiles en Espagne. Si je ne puis tenir le Pô et le Mincio, je dois chercher une bataille, puisque tout général sage ne doit s’attacher à défendre de certaines situations, que lorsqu’il a lieu de croire que l’ennemi qui vient les attaquer périra dans de vaines attaques. Excepté cette raison, il faut marcher à l’ennemi, surtout avec les armées des Français, et je dirai aussi des Espagnols, auxquels je crois la même valeur.

Je répète donc à V. A. R. qu’elle ne peut prendre aucune confiance aux nouveaux sujets qu’elle veut se donner, qu’en les tranquilisant sur la crainte de changer de maîtres.

Après les premières idées générales sur la guerre que V. A. R. va entreprendre, elle permettra à mon zèle pour sa personne, à la confiance et aux bontés dont leurs Majestés Catholiques veulent bien m’honorer, et à l’ordre qu’elle me donne elle même, de lui dire ce que je pense sur sa conduite dans la guerre.

J’oserai lui donner pour premier conseil, de n’en pas croire son ardeur sur les périls de la guerre: il y a ceux que les rois et les princes doivent mépriser, et ceux auxquels il ne faut jamais qu’ils se commettent.

Ils doivent faire attaquer les places médiocres par leurs généraux, et ne pas honorer ces sièges de leur présence. S’il est question d’une bataille, il faut que votre armée vous voie marcher à la tête de la première ligne, et que vous vous montriez avant que l’on marche à la charge.

Quand votre première ligne est prête à charger, vous devez vous mettre entre la première et la seconde, pour donner vos ordres, pour faire soutenir les troupes, qui pourraient être ébranlées, mais que vous ne chargiez jamais à la tête de vos troupes, à moins que votre présence ne soit nécessaire pour empêcher l’ébranlement de l’armée.

Pour les lignes, n’allez jamais à la tranchée, que le troisième jour qu’elle est ouverte, connaître par vous-même si vos ingénieurs suivent bien vos projets. Ne vous pas exposer: ce ne sont pas des périls dignes de princes: mais leur présence, leur visite est nécessaire, non seulement pour presser les attaques, mais même pour se montrer aux troupes.

Les premiers soins, après ceux des actions, regardent la discipline et la subsistance. Pour pouvoir exercer une sévère discipline, il faut que la subsistance soit bien réglée.