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A poco a poco la verità non fu più negata; anzi il lavorìo dissimulato divenne aperto e le opere di fortificazione e di armamento furono accelerate.
La Dépêche Tunisienne dell'11 giugno 1895 pubblicava:
«Paroles significatives:
En réponse aux souhaits de bienvenue que lui adressaient à Bizerte le vice-consul de France et les députations du conseil municipal, du syndicat de Bizerte et de la compagnie du port, M. le vice-amiral de la Jaille, commandant l'escadre active de la Méditerranée, a exprimé, nous apprend le Courrier de Bizerte, toute sa satisfaction de voir arriver à bonne fin, et en un si court laps de temps, ces travaux qui font de Bizert un port si précieux pour la France.
Jusqu'ici, a-t-il ajouté, retenue par de vains prétextes, la flotte française avait évité d'y jeter l'ancre. Mais le charme est maintenant rompu, car dédaignant certaines susceptibilités ménagées jusqu'ici, la marine française vient de prendre définitivement possession de Bizerte. Comme le croiseur Suchet, dit-il, les cuirassés de mon escadre auraient pu entrer dans le canal et le lac, n'eût été ce banc de rocher qui reste à enlever sur une cinquantaine de mètres et qui rétrécit à 37 mètres le chenal navigable; mais ce n'est que partie remise, puisque ce travail n'est plus qu'une affaire de semaines. A sa prochaine tournée l'escadre de la Méditerranée commandée alors par l'amiral Gervais, ne manquera certainement pas de venir y jeter l'ancre et de séjourner dans le lac.»
Quanto fossero fondate le ansie di Crispi e colpevole l'indifferenza dei suoi successori dinanzi al pericolo che sorgeva con la creazione del porto militare di Biserta, lo desumiamo dall'orgoglio col quale autorevoli uomini politici e scrittori francesi hanno esaltato dipoi l'accrescimento di potenza che n'è derivato alla Francia.
Un ministro della marina francese, il signor Pelletan, con poca diplomazia, ma con grande sincerità, affermò nel 1902 che Biserta assicurava al suo paese il dominio del Mediterraneo.
E Gabriele Hanotaux, ex-ministro degli Affari Esteri, in un libro intitolato La Paix latine si compiacque nell'enumerare [pg!89] le difficoltà superate e magnificare la conquista compiuta. Giova riprodurre e meditare alcune pagine di quel libro:
«.... Du côté de l'Italie, enfin, sous le ministère de M. Crispi les relations étaient telles que l'on pouvait tout craindre.
Cette situation générale, qui résultait d'une accumulation de circonstances, pour la plus part indépendantes de la volonté des hommes, était franchement mauvaise. Je n'avais qu'à suivre les exemples qui m'étaient laissés par mes prédécesseurs, pour m'efforcer d'y porter remède. J'eus le bonheur d'y réussir, L'incident franco-congolais fut promptement réglé.......... Enfin, entre la France et l'Italie, après une période difficile qui eût son point de tension extrême au moment du rappel de l'ambassadeur Ressman, les dispositions se modifièrent. Une grave difficulté était en perspective: l'échéance des conventions qui engageaient la Tunisie à l'égard des puissances européennes. Le sort de la Régence et celui de la Méditerranée étaient en suspens. Mais, par une volonté réciproque, l'orage menaçant se dissipa. Un esprit de conciliation et de concessions dû surtout à l'influence de M. le marquis de Rudinì et de M. le marquis Visconti-Venosta, inspira les pourparlers qui eurent finalement pour résultat les divers arrangements qui confirmèrent le protectorat de la France sur la Tunisie, qui laissèrent à celle-ci la disposition pleine et entière de la puissante position maritime de Bizerte....[21]
Le vaste établissement militaire qui s'achève à Bizerte intéresse à la fois l'Europe et l'Afrique. Il commande un des grands chemins du monde. Il est place dans une région où l'antiquité a toujours connu de grands ports, Utique, Hippone, et surtout Carthage. Plus d'une fois, les destinées du monde ont basculé sur cette pointe de terre où la nature a creusé — comme un abri et comme une menace — ce double lac dont les dimensions et la profondeur sont faites pour l'armada des léviathans modernes.