—Monsieur Bollot, ce nʼest vraiment pas la peine que vous me fassiez la morale... Je partirai quand même. Donnez–moi lʼargent que je vous demande, faites–moi un joli sourire, et attendez patiemment que je revienne.

—Mais vous me demandez une somme absurde, ma fille! Cent mille francs pour aller en Algérie, cʼest du gaspillage, croyez–moi, cʼest du gaspillage!

—Et encore je les veux en espèces, des billets les uns sur les autres. Pas de chèques, pas de lettres de crédit. Je ne veux point avoir affaire aux banques africaines. Dépêchez–vous, Monsieur Bollot, car dans trois jours nous partons.

—Nous, vous dites? Et qui donc? Partez–vous en caravane par hasard?

—Nous, cʼest ma mère, Linette et moi. Ma mère ne vieni que jusquʼà Marseille, dʼoù elle rentre en Italie. Moi et Linette nous allons aux bords du Sahara, une plage où la vie est très chère.

—Mais vous plaisantez, ma fille! Croyez–vous quʼon tienne cent mille francs dans son tiroir comme de la petite monnaie?

—Eh bien, vendez, hypothéquez, faites un emprunt, faites ce que bon vous semble; mais dans trois jours vous aurez lʼobligeance de me procurer cette somme, pas un sou de moins. Et, à présent, je vous dis au revoir, cher Monsieur Bollot, parce que, vous voyez cette liste?... ce sont des commissions que jʼai à faire.

Se ne andò. Jack lʼaspettava con pazienza davanti alla portineria di Monsieur Bollot. In quegli ultimi giorni la sua poca loquacità era quasi divenuta un assoluto silenzio. Bluette invece non aveva nemmeno il tempo di badare alla sua tristezza. Gli parlava come ad un fratello, raccontandogli tutto quanto passava nel suo tremante cuore. Jack lʼascoltava con una pazienza irritata, senza guardarla, senza interromperla; in ultimo concludeva:

—Quand une femme aime un homme, cʼest du temps perdu.