Aveva sentito nascere nel suo pudore unʼirresistibile voglia dʼessere sfacciata.
Su lʼorlo del bicchiere aveva tentato reprimere la tentazione di parere una femmina.
Gli aveva sorriso.
Ed ora gli parlava stordita, protesa un poco verso di lui, coinvolta nel suo potere: già sua. Gli parlava senza dirgli nulla, muovendo le parole come gesti della mano che volessero carezzarlo.
Similmente, anzi più turbato, forse più irritato, egli parlava con lei. Per dirle cose non ben definite, per chiarire, per nascondere, forse per distruggere tutto quello che sentiva.
—Oui, je vous ai vue la première fois au Théâtre Michel; je venais de très loin ce soir–là... Il y avait dans vos mouvements quelque chose que je nʼai jamais pu oublier! Et puis, Bluette, certains soirs, la beauté dʼune femme engourdit tout lʼêtre comme une fumée dʼopium. Ce soir–là, vous dansiez des danses lascives, ou bien, que sais–je? cʼétait vous qui étiez lascive... Ma vie est de celles qui nʼadmettent pas la beauté. Jʼai passé à travers mille tempêtes et jʼai vu le soleil se coucher sur tous les océans de la terre... mon cœur est fait pour la distance comme la proue dʼun grand voilier... Mais vous aviez quelque chose de si doux pour moi, et vous étiez si belle, si naïvement belle, si fraîche pour mes yeux, que jʼai senti una espèce dʼénivrement soudain me pénétrer jusquʼà lʼâme... Rien ne pourrait vous expliquer combien ce trouble en moi était absurde! Mais quand vous quittiez la scène, il me semblait que des rideaux noirs étouffaient soudainement la joie dans mon être... Vous avez changé au moins dix costumes ce soir–là, et chacune de vos étoffes me communiquait la joie dʼune caresse, mʼinspirait une volupté différente... Pour désenchantés que nous soyons, il y a toujours une femme qui peut nous rendre, avec sa beauté, notre première jeunesse. Pour moi, vous étiez cette femme. Vous mʼavez plu tellement, que je nʼosais pas chercher à vous connaître. Mais, depuis ce soir, vous êtes devenue ma folie... oui, cʼest le mot. Bluette.... ma véritable folie!...
Ellʼascoltava senza sorridere, un poco smorta, come se tutto ciò le facesse profondamente male. Ascoltava con le mani congiunte, premute su la bocca, fissandolo senza batter ciglio. Lo ascoltava maravigliata e ferma, con lʼanima tutta radunata su lʼorlo di quel felice stupore.
Poi lasciò cadere le due mani, e disse lentamente, con una specie di vertigine:
—Cʼest le premier soir de ma vie où je me sens heureuse dʼêtre belle...