Pour métre fin à l'ambition d'Aléxandre..., il falut, qu'il passât en Italie (Ivi). [Brave P. P.]
Pendant qu'il pouvoit laisser à Naples un Roi tributaire, il l'en chassa pour y en métre un, qui le pût chasser lui même (Ivi). [Ce roy tributaire auroit fait de mesme.]
Toutes les fois que les hommes peuvent s'agrandir, ils en sont loüés, ou du moins ils n'en sont pas blamés. [Cela est constant.] Mais quand ils ont le desir d'aquerir, sans en avoir les forces, c'est là qu'est l'erreur, et qu'ils sont dignes de blâme. [De mesme.] Si donc la France pouvoit ataquer Naples avec ses forces, elle le devoit faire, et si elle ne le pouvoit pas, elle ne devoit point partager ce Roiaume (Ivi). [Cela est bien remarqué.]
On ne doit jamais laisser ariver un désordre, pour fuir une guerre, parce qu'en éfet on ne la fait point, mais on la difére à son dommage (Ivi). [Maxime admirable.]
Ce Cardinal me disant que les Italiens n'entendoient rien au métier de la guerre, je lui répondis, qu'il paroissoit bien, que les François n'entendoient rien aux afaires-d'Etat, eux qui lassoient prendre un si grand accroissement au Pape (Ivi). [Il ne feront plus cette faute.]
L'expérience a montré que c'est la France, qui a fait le Pape et le Roi d'Espagne si puissans en Italie, et que ce sont eux, qui l'y ont ruinée. D'où je tire une conclusion générale, presque infaillible, que le Prince qui en rend un autre puissant se perd lui même (Ivi). [Cependant un prince catolique ne peut iamais devenir gran, si non en agrandissant l'Eglise avec lui.]
Alexandre-le-Grand étant devenu maitre de l'Asie en peu d'années (Chap. IV). [6 annés.]
Tous les Etats.... se trouvent gouvernés en deux manières diférentes, ou par un Prince absolu..., ou par un Prince et par les Grans du païs, qui ont part au Gouvernement (Ivi). [Ces grans son des chimeres.]
Ces Grans ont des Etats et des sujets particuliers, qui les reconnoissent pour leurs vrais Seigneurs, et ont une afection naturelle pour eux. Dans les Etats qui sont gouvernés par le Prince seul, le Prince a plus d'autorité, parce qu'il n'y a que lui dans toute l'étendue de son païs, qui soit reconnu pour maitre (Ivi). [Ces sorte d'estats son un espece des gallimations comme l'Allemange. — L'estats qui sont governes par un prince seul sont monarchiques et meillieur des gouvernements.]
Céte diférence de Gouvernement se voit aujourdhui entre la Turquie et la France. La Turquie est gouvernée par un seul Seigneur, tous les autres sont des Esclaves.... Au contraire la France a une multitude d'anciens Seigneurs, qui ont leur propres sujets et en sont aimés. Et le Roi ne leur sauroit ôter leurs prééminences sans risquer beaucoup. [Cette difference n'y est plus entre la Turquie et la France. Le gouvernement de la France est cellui de la Turchie, mais en miniature. — Il en verra à bout.] A bien considérer ces deux Etats, on verra, qu'il est trés-dificile d'aquerir celui du Turc, mais aussi qu'il seroit tres-facile de le conserver quand on l'auroit conquis. [La primière difficultè est grande, mais la seconde ne l'est gere moins.] Les dificultés de le conquérir consistent en ce que le conquérant ne sauroit être apellé par les Grans de l'Etat, ni espérer que la révolte de ceux qui sont dans le Ministère, lui facilite jamais la conquête (Ivi). [Il y en a d'austres difficultés qui ne son pas moindres.]