Et puis, émergeant de l'ombre, faisant leurs premières armes ou leur apprentissage politique, le duc de Savoie, le duc de Gênes, Cavour, Urbain Rattazzi, La Marmora, Cialdini....
Mais je n'ai pas nommé tous les acteurs.
Il en manque un, celui qui, dans la tragédie, va jouer le rôle masqué du traître, je veux dire la révolution.
Son rôle primera tous les autres, celui du Roi, celui du Pape.
C'est elle qui parlera, commandera, agitera. C'est elle qui créera les popularités, qui les portera aux nues, qui les foulera aux pieds, qui défera le lendemain l'ouvrage de la veille, toujours criant, hurlant, pour acclamer, comme pour maudire.
Oui, vraiment, la Providence divine et la liberté humaine, ces deux puissances dont le concours explique l'histoire, semblent s'être mises d'accord, en 1847, pour changer en Italie, la direction des choses, et Charles-Albert sent le poids des responsabilités écrasantes que lui créent Dieu et les hommes!
Il aborde ces temps terribles où Machiavel disait qu'il faut être tour à tour Renard et Lion, car les nécessités du jour sont sans cesse contredites par les nécessités du lendemain.
Et quels échos ces contradictions n'éveillent-elles pas dans la conscience endolorie du roi!
Rompre avec un passé de 800 ans, lui semble un sacrilége. Et cependant, ce sacrilége ne doit-il pas le commettre, puisqu'en le commettant, il n'immolera que lui même?
Comme Hamlet, il sent qu'il y a quelque chose de pourri dans le pays qu'il gouverne, il comprend qu'un changement s'impose.