J'ai été obligé de me loger à Réval; à Catherinendahl tout est sans dessus dessous. Cependant c'est le 16 de May. J'ai une peur véritaide que Madame la Landgrave ne nous prenne au dépourvu; et ce matin ayant entendu que la flottille de V. M. a passé à la hauteur de Reval le 10 de ce mois, j'ai commencé déjà à former des plans pour loger Elle et sa suite, dans les meilleures maisons de la ville en cas qu' Elle arrivât avant que Catherinendahl soit mis en état pour sa reception. Mais il faut espérer que ce vent favorable pour Votre flottille pour arriver à Lubeck (car les Mariniers d'ici la croyent déjà là depuis hier) continuera à souffler encore huit jours. Et puis il n'a qu' à changer s'il veut.
Je prends la liberté de proposer à V. M. de faire loger Madame la Landgrave dans des maisons des particuliers à son passage entre ici et Narva. Me le permettez-Vous, Madame, en cas que cela puisse se faire? Car pour dire franchement les maisons de Poste sont très mauvaises.
Aussitôt que je recevrai Vos ordres là-dessus je tâcherai de faire réussir cette idée.
Hier à 6 heures du soir, comme j'attendais des chevaux à la Poste de Kagale, en m'entretenant avec le Land Rath Comte de Steinbock, au sujet de son bras droit cassé par un cheval, j'ai eu l'honneur de recevoir la lettre de V. M. I. écrite во вторникъ поутру. le ne manquerai pas de remettre l'incluse à Monsieur de Rehbinder aussitôt que je le saurai arrivé, très persuadé d'ailleurs que ce n'était pas uniquement par discrétion. que V. M. en avez usé avec tant de ménagement à mon égard. J'oublie déjà que j'écris à ma Souveraine. Mais Vous avez tant de bontés pour moi, et je suis si franc qu'il n'est pas étonnant si mes expressions sont quelquefois peu ménagées. Reprenez-moi, Madame, q mnd je le mérite, mais pas en Souveraine! Que je suis heureux d'être au service d'une Princesse comme Vous! Je ne vaudrais rien à celui d'un autre. Car où trouver qui Vous ressemble? C'est le coeur qui me dicte ceci, et je suis content que Vous en êtes persuadée.
J'ai l'honneur d'être, avec un très profond respect,
Madame,
de V. M. I.
le très humble et très obéissant sujet et serviteur,
le Bar. Ozercasow.
Черкасовъ императрицѣ Екатеринѣ.